Portraits

Le Verger Fleury

Peggy Ducrey est installée depuis 2013 au Hameau de Fleury, à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin (45). Elle a engagé la conversion en agriculture biologique dès la reprise de la ferme et propose une production diversifiée : arboricultrice fruitière, elle est aussi maraîchère, productrice de fleurs coupées, de rhubarbe, de fraises et de cerises. La ferme se trouve en périphérie d’Orléans, dans une belle campagne aux portes de la ville. Peggy a toujours vécu avec des chevaux, mais c’est en 2020 qu’elle découvre les chevaux de trait et accueille un premier Ardennais. 2021, les vergers gèlent. Elle prend alors le temps de se former à l’attelage au Haras du Pin dans l’Orne. Et c’est alors qu’elle envisage aussi le cheval comme un collègue à la ferme. Deux Percherons rejoignent l’équipe !
L’arboricultrice trouve dans l’association Trait Paysans un espace de compréhension et d’échanges autour de la nature globale du cheval. Plusieurs adhérent·es suivent la formation « Cheval Partenaire » : « on y apprend à communiquer avec l’animal, on n’en fait pas une machine de travail » dit Peggy. Elle complète : « On est tous des paysans et paysannes, le fait de comprendre comment nos vergers fonctionnent, avec qui et comment on travaille, c’est cohérent avec la démarche de nos fermes. »
Chez Peggy, le cheval peut occuper différentes places : il y a la traction animale bien sûr, mais aussi l’éco-pâturage, la production de fumier pour fertiliser les cultures… sans compter la motivation que donnent les chevaux comme partenaires du quotidien. Et l’idée de proposer un jour de l’agritourisme germe déjà au Verger Fleury.


La Ferme de la Touche

Stéphane et Christelle Neau sont installés à Chitenay, où ils pratiquent le maraîchage bio depuis 1997. Après une première vie professionnelle dans le milieu des systèmes d’alarme, Stéphane ne connaît pas l’agriculture mais il a gardé le goût du contact avec la nature depuis les jeux en forêt de son enfance.
C’est au tournant de la trentaine que l’envie de travailler dehors fait surface. Un BTAO à Fondettes, un BTS par correspondance et un CS en maraîchage bio plus tard, Stéphane se lance – en couple – en réhabilitant une ancienne ferme de la famille de Christelle, en agriculture biologique dès le départ, « on ne se voyait pas produire autrement ». Dans les années 90, ils constituent alors la seconde micro-ferme du département, qui en compte aujourd’hui une quarantaine. La production est écoulée dans un magasin de producteur·rices, une AMAP, un marché à la ferme et dans plusieurs restaurants.
Le cheval arrive dans la vie de Stéphane alors qu’il a 13 ans, jeune ado habitant à Blois. Une voisine lui propose de tenter l’équitation à Pontlevoy : « ça ne m’a jamais quitté par la suite, c’est devenu un repère et un équilibre ». À la ferme, il est accompagné d’un cheval demi-trait Ulysse, croisé Merens et Bretonne, et de deux ânes Grand Noir du Berry. Stéphane confie que c’est un long chemin pour être opérationnel avec l’animal dans le champ. Il faut acheter le bon cheval et qu’il soit correctement éduqué, avoir le matériel adéquat, être formé en tant que meneur… Autant de sujets pour lesquels il faut être bien entouré et conseillé !
Stéphane a été moteur pour créer Trait Paysans dont il partage les objectifs : retrouver les savoir-faire, faciliter l’approche du cheval avec un accompagnement technique, organiser des formations et mutualiser les connaissances. « J’avance beaucoup depuis la création de l’association. » Aujourd’hui, Stéphane et Christelle envisagent de transmettre la ferme mais il se pourrait qu’il conserve la traction animale dans son quotidien avec un projet personnel.


Les 1011 vies

Cécile Marteau-Delmas est installée depuis 2017 au Controis-en-Sologne, dans la commune de Feings. Après une formation en permaculture et un bac pro en grandes cultures, elle cultive aujourd’hui 34 hectares : 1,5 ha de verger planté par ses soins, et le reste en céréales (variétés anciennes de blé, de seigle, etc.). La ferme s’appelle « Les 1011 vies », en référence aux 11 parcelles qui constituent son terroir, et sont certifiées bio. Les céréales sont transformées en farines sur place, grâce à un moulin de type Astrié. Cécile randonnait déjà à cheval, et elle faisait de l’attelage en loisir… elle a suivi une formation d’initiation à la traction animale avec un groupe de paysan·nes de la région, prémices de l’association. Et puis c’est la rencontre avec la belle jument percheronne, Ibiza. « C’était en 2020, j’ai craqué ! » confie-t-elle.
Désormais, elle en est encore au tout début : « en grandes cultures, c’est plus compliqué de l’envisager. Avec Ibiza, on fait du débardage et de l’attelage pour le moment, et on aime ça toutes les deux ! ». Son idée pour intégrer plus de traction animale dans son travail ? Cultiver des céréales sur des petites surfaces, « plus jardinées, plus bichonnées » pour faire des tests. L’enjeu est de concilier le plaisir d’être avec le cheval et de réussir à travailler avec lui. Cécile imagine déjà plein de projets pour la suite, et notamment de proposer des tartes aux fruits, comme un trait d’union entre ses arbres fruitiers et sa farine.

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